Mobilisation au Parlement européen contre la réélection de José Manuel Barroso
Mobilisation au Parlement européen contre la réélection de José Manuel Barroso
José Manuel Barroso, le libéral président de la Commission européenne, qui a le soutien de tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, y compris de gauche, et dont la reconduction semblait gagnée d'avance, a de quoi commencer à s'inquiéter. Lire la suite l'article
Au sein du nouveau Parlement, il a le soutien du principal groupe, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE). Mais les Verts, les libéraux de l'Alliance des démocrates et des libéraux européens (ALDE) et les socialistes (dont le groupe ne s'appelle plus Parti socialiste européen mais Alliance progressiste des socialistes et des démocrates - S & D) s'agitent pour trouver un candidat alternatif ou peser sur son programme.
Le 15 juillet est une date stratégique. M. Barroso déploie d'ostensibles efforts pour être élu par les eurodéputés ce jour-là, à l'occasion de la session de rentrée du Parlement à Strasbourg. Dans cette situation inédite entre le traité de Nice en vigueur et le traité de Lisbonne en cours de ratification, un vote en juillet aurait lieu selon les modalités du traité de Nice : à la majorité des présents - plus facile à emporter. Si l'on attend l'automne, après le deuxième référendum des Irlandais sur le traité de Lisbonne, on se pliera aux règles de ce nouveau traité : à la majorité absolue des inscrits. Plus dur.
D'où la grande agitation de M. Barroso pour se faire élire en juillet et la grande frénésie de ses opposants à repousser le vote à l'automne. Il semble presque acquis que M. Barroso a perdu la première manche, pour le vote en juillet. De son point de vue, c'est rageant : le président de la Commission n'a pas ménagé efforts et démarches personnelles auprès d'eurodéputés. De plus, il est soutenu par la présidence suédoise de l'Union qui réclame de la 'clarté' pour assurer ensuite du 'leadership', et il est le seul candidat en lice, soutenu - de manière 'informelle' - par le Conseil.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient trouvé cette astuce de faire désigner M. Barroso par le Conseil en deux temps : politiquement en juin, puis juridiquement en juillet, pour laisser penser au Parlement qu'on lui laissait le choix des armes. La bonne intention de la chancelière allemande et du président français s'est retournée contre eux. Les libéraux de l'ALDE (84 élus), pour multiplier les obstacles, veulent une décision politique claire des Etats : 'Arrêtons l'hypocrisie !', dit Marielle de Sarnez, du MoDem. Puis un programme 'ambitieux' du président sortant contre la crise....