José Manuel Barroso ne sera pas reconduit en juillet
José Manuel Barroso ne sera pas reconduit en juillet
Fredrik Reinfeldt a dû l'admettre, vendredi 3 juillet, à l'issue de sa rencontre à Stockholm avec Nicolas Sarkozy : il ne sera pas possible de convaincre le Parlement européen de soutenir dès juillet la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. 'On ne prendra pas de décision sur M. Barroso au mois de juillet mais nous espérons que cette décision sera prise plus tard', a indiqué le premier ministre suédois, dont le pays assure la présidence de l'Union ce semestre. 'Désignation le 15 juillet ou le 15 septembre, ce n'est pas un drame', a jugé M. Sarkozy : 'Ce qui est important, c'est qu'il n'y ait pas d'opposition entre les deux grandes institutions que sont le Parlement européen et le Conseil.'
'C'est un échec du conseil', 'un revers majeur pour M. Barroso', a réagi Martin Schulz, le président du groupe socialiste. Pour l'élu allemand (SPD), le président sortant de la Commission doit désormais élaborer son programme en concertation avec les groupes parlementaires, s'il espère être reconduit. 'La présidence suédoise du Conseil s'est rangée au principe de réalité. C'est le Parlement qui fixe son agenda, pas les chefs d'Etat et de gouvernement', s'est réjouie Marielle de Sarnez (Modem).
En début de semaine, M. Barroso espérait encore un vote à la mi-juillet, lors de la session inaugurale du Parlement européen. Sa reconduction a été informellement approuvée par le Conseil européen, le 18 juin. Depuis, M. Barroso a multiplié les contacts avec les eurodéputés, y compris les élus eurosceptiques britanniques, tchèques ou polonais, qui le soutiennent. Mais parmi les forces pro-européennes, seule la formation dont il est le candidat officiel, le Parti populaire européen, était prête à le réélire en juillet. Les socialistes, les libéraux/démocrates et les Verts refusaient de se prononcer aussi vite ou de joindre leurs voix aux eurosceptiques.
Dans ces groupes, de nombreux élus plaident, à l'instar du co-président des Verts Daniel Cohn-Bendit, en faveur d'un 'front anti-Barroso', jugeant le président sortant trop libéral, et peu réactif face à la crise économique. D'autres n'excluent pas de le soutenir in fine, mais ne veulent pas se prononcer alors que l'Hémicycle vient à peine d'être élu. Ces multiples réserves ont incité la présidence suédoise à reporter le vote, si possible au 15 septembre, si les élus y consentent.